Gestion des forÊts


cycle3


Au delÀ de l'aventure le tÉmoignage d'un monde menacÉ
Heureux qui comme Ulysse
  A fait un long voyage
    Heureux qui comme Ulysse
      A vu cent paysages
        Et puis est réparti
          Après maintes traversées
            Au pays des vertes allées
Georges Brassens
EDITO
 
Heureux qui comme Nicolas...
Aujourd’hui plus personne ne peut ignorer les multiples agressions que l’homme inflige à la planète. Nombreux sont ceux qui tentent par leurs actions de toucher chacun d’entre nous afin que nous réagissions. Nicolas Vanier, explorateur aventurier, est de ceux-là. En suivant son parcours, nous vous proposons de vous embarquer sur une route parallèle qui vous conduira à découvrir l’environnement sibérien et mieux appréhender le vôtre.
Mieux connaître pour comprendre. Comprendre pour agir. Une odyssée qui comme toutes réclame courage, engagement, enthousiasme.
Aux journalistes-aventuriers qui embarquent avec nous, nous souhaitons un excellent voyage.
carte de l'Odyssée sibérienne : © Nicolas Vanier
  Sommaire
  La biodiversité en Sibérie
  La biodiversité à Paris
 

Les modifications climatiques en Sibérie

  Les modifications climatiques à Paris
  La déforestation en Sibérie
  La forêt et la ville à Paris
Sur une distance de plus de 8000 km qui sépare le lac Baïkal et Moscou, Nicolas Vanier et ses dix chiens vont progresser en plein hiver à raison de 80km par jour. C’est une marche à travers les espaces sauvages de Sibérie, à la rencontre de peuples qui tentent de vivre en harmonie avec la nature. Cette odyssée montrera la beauté des paysages et la grandeur de ceux qui y vivent mais pour combien de temps encore?
Cet espace d’une pureté originelle n’est pas épargné. On y déplore aussi les multiples dégradations que
l ‘homme fait subir à la planète. En s’engageant dans cette aventure, Nicolas Vanier tentera de sensibiliser l‘opinion publique car il faut agir et vite pour préserver cette si belle terre.Menace sur la biodiversité, déforestation, réchauffement climatique, tous ces thèmes seront abordés à la fois au cours de ce voyage et dans ce magazine.

La dÉforestation en SibÉrie

1. Nicolas Vanier dans la forêt lointaine
taïga : © Nicolas Vanier
Elle fournit à elle seule 21% du bois exploité dans le monde, soit un peu plus d’un cinquième.
La Fédération russe est de loin et même de très loin le plus vaste pays forestier de la planète. La forêt y couvre deux fois plus de surface qu’au Canada, trois fois plus qu’aux USA. La surface forestière russe est même supérieure à celle du Brésil. Les forêts de la Russie représentent 22% de la surface de toutes les forêts du monde et 21% du bois. Elles occupent plus de la moitié du territoire du pays en couvrant plus de 1,1 milliard d'hectares.
©CRDP de Paris
L’impénétrable

Taïga signifie impénétrable dans un dialecte local. Il y a en fait deux taïgas, la plus importante, la sombre, à l’Est représente, 65%. Elle accueille des arbres à feuillage persistant (sapins européens et sibériens, cèdres de Sibérie et de Corée, épicéas). La seconde, la claire, qui représente 35%, se situe à l’Ouest et est formée de pins de Sibérie et de pins sylvestre.
Cette végétation est liée aux conditions climatiques : marquées par des étés courts et frais avec des périodes prolongées d’ensoleillement et des hivers très froids
taïga : © Nicolas Vanier

2. Zoom sur ...

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C’est l’arbre emblématique de la taïga. Son bois très solide est par exemple utilisé pour la fabrication des ponts. Mais il faut 240 ans à un mélèze environ pour atteindre le stade d’exploitation, soit deux ou trois fois plus qu’en France
©CRDP de Paris
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Il y sept espèces de sapin en Russie. C’est un arbre parfaitement adapté à l’hiver russe. Grâce à la souplesse de son branchage, ses branches se courbent sous le poids de la neige, pour reprendre leur forme à la période de la fonte des neiges.
© Nicolas Vanier
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Les cèdres de Sibérie et de Corée sont des bois prestigieux. Ils donnent un bois d’excellente qualité utilisé pour la lutherie. Ils peuvent vivre 850 ans. Tous les deux ou trois ans, ils donnent de petites noix d’où l’on extrait de l’huile de très bon goût.
<< ©tous droits réservés
Il fait bon vivre dans la forÊt sibÉrienne.
L’écosystème de la taïga héberge de nombreux animaux parmi lesquels on peut citer l’ours, la zibeline, l’élan, le lynx, le renard polaire, l’hermine, le tétras et le tigre.
Tout bouleversement déséquilibre l’écosystème entraînant un risque de disparition de certaines espèces animales.

tétras sur un mélèze en hiver© Nicolas Vanier

3. Des mots pour le dire :
La forêt, une ressource naturelle au système complexe et fragile
La forêt joue un rôle protecteur !
©CRDP de Paris
La niche écologique désigne un environnement naturel où l’animal peut vivre en équilibre (climat propice, présence de nourriture, ...).
L’ensemble des niches écologiques représente l’écosystème.

... mais elle a de nombreux ennemis naturels…

Les conditions climatiques : la foudre, la neige et la glace, ou inversement, la sécheresse peuvent endommager un arbre et le faire mourir.

Les maladies, les insectes, les parasites représentent également un danger pour les arbres.

 


forêt en mauvaise santé : © Nicolas Vanier

4. La forêt procure à l’Homme des ressources diverses.
La fonction sociale de la forêt
Elle fournit à l’Homme un espace de promenade où celui-ci peut apprécier la variété des paysages, les parfums, la qualité du silence et le calme propices à l’inspiration.

©CRDP de Paris
La fonction économique de la forêt
Elle fournit à l’Homme des biens de consommation :
- du bois pour se chauffer et fabriquer divers produits consommables ;
- des sous-produits du bois (l’aggloméré, la pâte à papier, …) ;
- des produits pour les jardins (feuillages, mousse, terreau, ...) ;
- des produits pour créer des arômes naturels (lichen, thym, ...) ;
- un espace de chasse (gibier) de cueillette et de récolte (champignons, fruits, miel, ...).
La fonction écologique de la forêt
Elle participe à l’équilibre de l’effet de serre,
à la production de gaz.
Elle intervient dans le cycle de l’eau
Aïe !! Article WWF


© Nicolas Vanier

La Russie, plus grand pays forestier de la planète a décidé de renforcer sa lutte contre les coupes illégales de bois. Depuis 1992, celles-ci ont doublé et atteignent désormais un volume de 700 000 mètres cube par an. Les principaux secteurs concernés sont situés dans les zones d'exportation, aux abords de l'Europe et notamment en Finlande ainsi qu'en Extrême-Orient, près de la Chine et du Japon. Pour surveiller 1,162 milliard d'hectares de surfaces boisées, seules des méthodes de télédétection par satellite et de surveillance aérienne sont envisageables. D'après les objectifs fixés par le gouvernement, l'intégralité des espaces forestiers du pays sera couverte d'ici 2006. L'utilisation de ces moyens technologiques permettra de confondre les fraudeurs avec des preuves imparables. D'autre part, la Fédération de Russie entend développer la coopération interétatique dans la lutte contre l'abattage illégal en direction de la Chine. La création d'un groupe de travail bilatéral sur le modèle de celui existant déjà avec la Finlande a été acceptée par Pékin.

Tout est une question d’équilibre
Une déforestation non contrôlée peut être dangereuse pour la planète. Par contre, il est insensé d’ignorer le rôle essentiel de la forêt pour l’Homme. Il faut donc exploiter la forêt de façon rationnelle et contrôlée.

La forÊt et la ville À Paris

1. Paris est la capitale la plus boisÉe d'Europe
©CRDP de Paris
Ils sont partout!!
Paris compte de nombreux espaces arborés:
Les arbres d'alignement situés sur les voies publiques (92 000),
Les arbres des parcs et jardins (35 000)
Les arbres des cimetières (34 000)
Les arbres des talus du boulevard périphérique (8000 )
Les arbres des établissements scolaires (6000) et sportifs (3 000)
Les arbres des deux bois de Boulogne et Vincennes (300 000)
Il était une fois, le bois de Boulogne
Il y a plus de vingt siècles s'étendait déjà en ces lieux une forêt gigantesque qui absorbait les actuelles forêts de Montmorency, de Saint-Germain-en-Laye, le bois de Chaville et le bois de Meudon. Dagobert, roi des Francs (629-639), venait y chasser l'ours, le cerf et toutes sortes de gibier parmi les chênes qui peuplaient alors la forêt.

Vers 1315 , Philippe Le Bel (1268-1314) y édifia une petite chapelle, après un pèlerinage à Boulogne-Sur-Mer, et le bois prit tout naturellement son nom. Terrain de chasse des rois de France, le bois de Boulogne devint également une promenade à la mode. Aujourd'hui on n'y chasse plus mais le bois de Boulogne comme celui de Vincennes reste un lieu de promenade prisé des parisiens.
©CRDP de Paris
«Arbre de vie»
Lieux de promenade recueillie, et de méditation, les cimetières parisiens offrent un paysage composé de décorations florales, de massifs d'arbustes et d'arbres aux essences variés.

©CRDP de Paris>>

Il y fait bon s'y promener...
Paris compte plus de 400 parcs et jardins. Tout d'abord jardins utiles ou religieux, ils deviennent rapidement jardins d'agrément au profit de quelques privilégiés de la noblesse et le peuple, faute de pouvoir y pénétrer, les regardent de derrière les grilles. La révolution verra le peuple détruire de nombreux espaces verts en signe de révolte. Le premier jardin public est le Jardin de l'Evêché qui est aménagé au XVIII ème siècle.











<< © CRDP de Paris


2. Zoom sur... la vie des arbres citadins

Pas drÔle tous les jours ! !

Le milieu urbain est un milieu hostile pour les arbres. Ils subissent de nombreuses agressions liées à l'activité humaine

arbres sur les quais de Seine à Paris : © Pierre-Yves Sulem, http://www.monoeil.net

Ils peuvent être victimes de chocs provoqués par les véhicules.


Ils peuvent également souffrir du tassement de la terre qui les entoure. C'est pour éviter ce risque qu'il y a des grilles au sol.

Quand il neige, afin de permettre aux parisiens
de circuler en sécurité, on utilise des sels de
déneigement qui sont dangereux pour les arbres.


promeneur à Paris :© Pierre-Yves Sulem, http://www.monoeil.net
Portrait d'arbre bien sous tout rapport

Pour être arbre de ville il faut répondre à des critères très précis. Toutes les espèces ne supportent pas la vie trépidante de la ville (pollution, coups, qualité des sols). Le feuillage doit pouvoir s'adapter à des surfaces restreintes. De plus, les racines ne doivent pas s'étendre en sous-sol au risque de mettre en péril l'habitat urbain.

AÏe!!
Feu l'arbre!!
Un arbre vit est meurt un jour. L'arbre en ville a une durée de vie relativement courte: elle ne dépasse pas 80 ans. Un arbre malade peut être dangereux. Il est alors abattu et remplacé. L'arbre nouvellement planté a environ 6 ans.


© CRDP de Paris

Les érables parisiens souffrent de la maladie de la suie

Cette maladie spécifique aux érables est due à un champignon qui se développe suite aux très fortes chaleurs de 2003. Elle provoque un assèchement de tout le feuillage, un gonflement de l'écorce jusqu'à la mort de l'arbre. Aucun traitement n'est efficace. Pour éviter la chute des branches et des arbres, 607 érables ont été abattus en juillet 2005 principalement dans les bois de Vincennes et de Boulogne, mais également dans quelques cimetières.

arbres nouvellement plantés à Paris © CRDP de Paris

3 . promenons-nous...
"J’ai descendu dans mon jardin ... "

Les jardins et les arbres ont inspiré de nombreux artistes. Qu’ils soient peintres poètes ou chanteurs, les œuvres sont là. Les jardiniers eux-mêmes créent leurs espaces en tenant compte à la fois du respect de la nature et de ses exigences mais aussi de leur envie de jouer avec les sens du visiteur. On raconte qu’il en est même qui se sont perdus dans des labyrinthes de verdure. ..

Paris un jardin citadin où se perdre...
Voici une carte des espaces verts parisiens.
Nous vous proposons deux itinéraires, l’un pour les flâneurs et l’autre pour les pressés...

Mais lequel vous permet de sortir de ce labyrinthe ?

Saurez-vous nommer les endroits où vous ne serez pas passé?

© CRDP de Paris

Itinéraire recommandé aux randonneurs pressés

Entre Citroén et Brassens, il y a un chemin qui mène tout droit à l’Atlantique, suivez-le.
Faufilez-vous entre les Invalides et le Luxembourg avant de passer la Seine du côté des Tuileries.
Vous voilà rive droite.
Arrêtez vous un instant.
Regardez vers le nord est en direction des Buttes Chaumont…
Dirigez vous vers ce parc que vous longerez sur son flanc gauche avant de sortir de Paris en saluant la Villette de la main… ( gauche ou droite ?)

Itinéraire pour le flâneurs

Tournez le dos à Citroen pour aller vers le chanteur du Grand chêne (qui est-il ?). Suivez le chemin qui mène à l’Atlantique.
Faites-vous tout petit pour vous faufiler entre les Invalides et le Luxembourg.
Un petit plongeon plus loin et vous voilà rive droite.
Là, l’appel du silence conduit vos pas jusqu’au cimetière le plus proche ( quel est son nom ?)
Reposez-y en paix quelques instants, pas trop tout de même car le reste du chemin sera long.
Dirigez vous vers le Nord Ouest de Paris afin d’en longer les bords en direction du bois le plus proche. (gare au loup !!!)
Aller vers le Champ de Mars même si nous sommes en automne. Rien à glaner..
Le contourner en direction du Trocadéro et passez la Seine.
Passer et repasser, d’une rive à l’autre et
de nouveau rive droite, avancer vers les Champs Elysées.. rien à glaner ..
Mais que voyez-vous ici ? Le groupe de randonneurs qui a choisi l’autre chemin…Quel heureux hasard. Joignez-vous à eux et accompagnez-les jusqu’à la sortie de Paris..

© CRDP de Paris

4 . ECOGESTES
Éduquer à l'environnement pour un développement durable, c'est faire comprendre à chacun d'entre nous que ce que nous faisons ici peut avoir des conséquences à des milliers de kilomètres, c'est la dimension spatiale de l'EEDD.
Pour préserver notre capital planétaire, il est important d'engager des actions à la fois éloignées de nous mais aussi là où nous vivons.
© CRDP de Paris
Au loin...

Extrait du rapport de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (Rio de Janeiro, 1992)
« Des efforts devraient être faits en vue de rendre le monde plus vert. Tous les pays, en particulier les pays développés, devraient prendre des mesures positives et transparentes en vue du reboisement, du boisement et de la conservation des forêts.
Il faudrait s'efforcer de maintenir et d 'accroître le couvert forestier et la productivité des forêts suivant des méthodes écologiquement, économiquement et socialement rationnelles par le biais de la remise en état, du reboisement et du rétablissement d'arbres et de forêts sur des terres improductives, dégradées et déboisées ainsi que par la gestion des ressources forestières existantes. […] »

Plus près...

Quelques conseils simples que l'on trouve sur le site de la Mairie de Paris…
Il suffit de quelques gestes simples pour protéger nos arbres :

  • Porter les déchets toxiques dans une déchetterie (consulter la liste sur le site). Les produits toxiques entraînés par ruissellement jusque dans les sols sont absorbés par les racines et empoisonnent l'arbre.
  • Éviter de faire uriner son chien au pied des arbres. L'urine de chien brûle l'écorce et les racines de l'arbre.
  • Éviter de saler au pied de l'arbre lorsqu'il gèle.

DES ÉCOGESTES DANS LA VILLE

  • Je ne joue pas à arracher l'écorce des arbres. Toute agression risque d'interrompre la circulation de la sève. Les blessures sur l'extérieur de l'arbre permettent les intrusions de micro-organismes néfastes et dangereux. Mieux encore, si je vois quelqu'un le faire, je lui explique pourquoi il faut qu'il cesse.
  • Je respecte les règlements et consignes des parcs et jardins. En particulier, je joue là où c'est autorisé, je ne cueille aucune fleur si ce n'est pas permis. Encore mieux : j'apprends à mieux connaître le square de mon quartier, les plantes et les arbres qui y poussent. Pour cela, rien de mieux que de questionner les jardiniers qui y travaillent pour le bien-être de tous.
AGIR ICI, AGIR LÀ BAS, C'EST VITAL !